Sommaire
Accueil Les chroniques Les cahiers Le blog menteur.com
Retour a l'accueil

Retour au sommaire Les chroniques Les cahiers Le blog Retour au sommaire

Les chroniques sont aussi expédiées gratuitement par courrier électronique. Pour les recevoir, entrez simplement votre e-mail :

Les chroniques précédentes
Un court moment de franchise (Avril 1998)
Un tramway nommé désir (Avril 1998)
L’économie aujourd’hui (Avril 1998)
Eloge des flexiborimaires (Avril 1998)
La nuit je mens (Avril 1998)

Également dans la rubrique Inclassable
Charmes en vente libre (Juin 1998)
Comment maigrir sur Internet ? (Mai 1998)
Conte d’automne (Septembre 1998)
Marre des pseudo-révolutionnaires ! (Août 1998)
Lavé de tout soupçon (Août 1998)

Si vous souhaitez imprimer cette chronique, cliquez ci-dessous :


format impression

  Ruminants des salles obscures  22 avril 1998

Je ne pense pas être embêtant comme type, mais s’il y a un truc que je ne peux pas supporter, c’est bien les types qui bouffent des pop-corns dans les salles de ciné. C’est simple, je ne comprends même pas qu’on puisse vendre des pop-corns dans un ciné. J’avais un de ces sinistres ruminants derrière moi, hier soir : plongée bruyante de la main de l’imbécile dans son cornet, et machouillements diaboliques jusqu’à sa déglutition. Et répétition ad nauseum.

Mais pourquoi s’en tenir aux pop-corns ? On pourrait aussi leur distribuer des sacs plastiques à tripoter pendant la séance, à ces ruminants. Et puis des clochettes pour faire « ding ding » quand la réplique est amusante. On pourrait même vendre des pin’s pleureurs pour quand c’est triste. Ca aurait un succès fou, on en ferait des modèles Kate Winslet et des modèles Di Caprio.

Je découvre donc sur fond de pop-corns la bande-annonce de « 1 chance sur 2 », le dernier Patrice Leconte, lequel ferait mieux de nous pondre un troisième Bronzés plutôt que de s’embarquer avec Delon, Belmondo et Vanessa Paradis dans une bouse 16/9 qui n’est somme toute qu’une resucée de ce film avec Pierre Richard et Depardieu (la mère qui dit à deux guignols qu’ils sont le père de sa fille, afin qu’ils la sortent de ses embrouilles). Evidemment, pour rivaliser avec les productions américaines, on ajoute des explosions, des voitures dans tous les sens, des grenades et des méchants vraiment très méchants.

Et, merveille des merveilles, au final : www.1chancesur2.com. C’est bien normal. Après www.titanicmovie.com, www.lesvisiteurs.com, qui n’aura pas son propre site Internet passera vite pour un brontosaure déclassé. D’ailleurs, ça ne rate pas : la bande-annonce suivante, « The boxer » : www.theboxer.com. C’est à se demander comment vivait le cinéma avant Internet.

D’ailleurs, c’est pareil partout. Prenez n’importe quel spot télé, vous avez l’URL du dentifrice machin ou du parfum bidule. L’important est d’avoir une URL pour avoir l’air moderne. Et je suis persuadé que si l’adresse n’existe pas personne ne s’en rendra compte. Parce que personne n’ira se connecter pour aller visiter www.eau-jeune.fr. Enfin, j’espère.

Pierre Lazuly



© Les Chroniques du Menteur, 1998
E-mail : Pierre Lazuly
http://menteur.com