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NE PAS CLIQUER
SAUF LA NUIT
2007-09-24
par Pierre Lazuly, lundi 24 septembre 2007 @ 17:34


PS: Stochelo Rosenberg, toujours, cette fois avec ses deux frères : le fameux Rosenberg Trio. Extrait d’un documentaire néerlandais sur le groupe. Si quelqu’un connaît les références du DVD ou de l’album dont ce morceau est extrait ?


2006-12-30
par Pierre Lazuly, samedi 30 décembre 2006 @ 11:07

(PNG)« Ils ont beau être petits et discrets, ils font partie du paysage de nos côtes. Aujourd’hui, les kayaks de mer sont partout, sur les plages, dans les criques, le long des rias. Pour quelques centaines d’euros l’acquisition d’un kayak permet de naviguer hors des parcours habituels, pour une sortie de quelques heures ou pour des randonnées de plusieurs jours. Imaginé par les peuples Inuits pour partir à la chasse et à la pêche, le kayak est devenu sous nos latitudes un moyen différent de vivre son temps libre. Et même si la balade de l’après-midi ne demande pas les mêmes qualités de marin que pour un raid, ces différentes approches du kayak de mer sont intimement liées. Avec ce type d’embarcation tous recherchent des sensations de liberté, d’autonomie et de proximité avec les éléments.

(PNG)Certains font du kayak pour le geste sportif, d’autres pour aborder l’environnement côtier d’une autre manière. Il y en a qui se retrouvent à plus d’une centaine pour effectuer une sorte de concentration internationale, d’autres qui préfèrent jouer au constructeur en faisant un stage de fabrication de kayak traditionnel selon la méthode des Inuits, ou bien encore il y a les passionnés qui, entre deux raids dans le Grand Nord, se font plaisir juste au bout de la côte.

Mais pour la plupart, c’est d’abord une manière très particulière de se promener et de découvrir des lieux souvent inaccessibles autrement qu’avec ce type d’embarcation. De la "petite famille" aux inconditionnels, tous partagent ce plaisir de frôler les cailloux, d’approcher les oiseaux, de bivouaquer dans une crique déserte, et surtout d’oublier le stress et le bruit de la vie moderne. »



Le VTT de la mer (vidéo, 13 minutes)


Présentation du Kayak Postal par son PDG


Recrutement pour le kayak postal


Le Kayak Postal arrive à Paris

Un sujet de Philippe Lucas, diffusé le 14 octobre dernier dans l’excellent magazine Littoral, sur France 3 Ouest, et trois vidéos extraites du site Kayak postal. Photos : Le Voisin.


2006-12-15
par Pierre Lazuly, vendredi 15 décembre 2006 @ 10:03


PS: Le morceau "Danube" est disponible sur l’album "Acoustic Quartet" de Romane. Si vous aimez, vous aimerez sûrement ce très bel album : "Gypsy guitar masters", Stochelo Rosenberg et Romane à l’Opéra Comédie de Montpellier en octobre 2005. Contient le CD du concert, ainsi qu’un DVD (un film de 52 minutes et 35 minutes du live en vidéo).


2006-12-10
par Pierre Lazuly, dimanche 10 décembre 2006 @ 15:45

(Version légèrement modifiée d’un billet de l’an dernier. J’ai un peu galéré pour trouver l’équivalent pour Firefox 2.0 - la bonne version du synchroniseur de marque-pages, les petits chats, tout ça, autant vous en faire profiter).

Pour beaucoup d’entre nous, qui jonglons entre plusieurs machines (le PC du boulot, le Mac à la maison, quelques autres ordis...), c’est assez difficile de retrouver le même environnement partout. Un article bookmarké au boulot est resté sur l’ordinateur du boulot, les bookmarks sont différents partout, et pour peu que vous vouliez, en plus, utiliser un lecteur RSS, la pagaille est complète. Alors voilà, pour ceux que ça intéresse, la recette, à base de Firefox et de NetVibes, pour retrouver tout à l’identique partout. Ça prend quelques heures pour faire le tout, mais je trouve que ça vaut le coup.

Première étape, installer Firefox 2.0 sur toutes vos machines ; c’est l’affaire d’une minute. Pour que ce soit joli, ajouter le thème Red Cats green favour (le blue flavour n’est toujours pas disponible en v2.0, du coup je me suis mis au vert). Pas tellement pour les chats, mais pour avoir un peu de couleur dans les barres du haut et, surtout, les favicons même sous MacOS X. Voilà, vous avez le même joli navigateur sur toutes vos machines. Problème : les bookmarks sont encore incohérents.

Deuxième étape, installer sur tous vos navigateurs l’extension Bookmark Synchronizer (la version Firefox 2.0 est disponible ici, documentée ici). Redémarrez votre Firefox : dans le menu Bookmarks (ou Marque-Pages), vous avez désormais une option "Synchroniser les marque-pages". Il faut disposer d’un compte FTP quelconque, genre site personnel chez Free : configurer avec le nom du serveur, votre login et votre mot de passe. Vous pouvez désormais, sur tous vos navigateurs équipés de ce paramétrage, "uploader" (envoyer les bookmarks de votre navigateur courant sur votre compte FTP) ou "downloader" (récupérer les bookmarks de votre compte FTP sur le navigateur courant). Ça paraît compliqué, dit comme ça : une fois le système en place, ce sera automatique et transparent, mais il faut essayer manuellement au départ pour comprendre le mécanisme et ne pas écraser ses bookmarks bêtement.

À ce moment-là, sachant que vous allez bénéficier de cette synchro, ça devient intéressant de prendre le temps d’organiser proprement vos bookmarks pour en profiter pleinement. Faites-le plutôt sur la machine que vous utilisez le plus souvent : créez-vous sur cette machine vos bookmarks de référence, que vous "uploaderez" ensuite sur le serveur FTP et "downloaderez" sur tous les autres navigateurs.

Utilisez la "Bookmarks Toolbar" pour les sites que vous utilisez le plus souvent. Quand vous "bookmarkez" un site sous Firefox, vous avez le choix entre le mettre dans les bookmarks normaux (éventuellement rangés dans des classeurs), ou dans la "Bookmarks Toolbar" (en français : "barre d’outils de marque-pages"), auquel cas ils apparaissent juste en-dessous de la barre d’adresses : extrêmement pratique pour y accéder sans avoir à aller dans le menu Bookmarks. C’est la barre colorée que l’on peut voir juste en-dessous de la barre d’adresses dans cette capture d’écran :

En mettant un nom très court au bookmark (par exemple LT pour Le Télégramme, LM pour Le Monde, ou mieux : rien du tout, si les favicons sont suffisamment explicites), vous pouvez mettre jusqu’à 40 bookmarks dans cette seule barre. Tous les sites que vous utilisez le plus souvent. Pour les autres (sites visités rarement, articles particuliers...), utilisez les bookmarks traditionnels, classés dans quelques sous-dossiers (Kayak, Pêche, Cuisine, Guitare, Travail...).

Une fois que vous avez, sur une de vos machines, ces bookmarks bien organisés, uploadez-les sur votre serveur FTP, puis downloadez-les à l’occasion sur les autres. Vous pouvez, une fois que vous êtes familiarisés avec le système et que vous êtes sûrs de vous, cocher les options "Envoi auto à la fermeture" et "Téléchargement auto au démarrage" qui vous permet d’avoir exactement les mêmes bookmarks partout, en permanence (le lien ajouté au boulot sera chez vous le soir).

Voilà pour l’essentiel : vous avez le même navigateur partout, le même look, les mêmes bookmarks. Et je l’ai testé avec succès sur mes différentes machines, sous MacOS X, Linux et XP. Si vous vous retrouvez sur une machine étrangère, en dix minutes vous reconstituez votre environnement habituel.

Si vous n’utilisez pas de lecteur RSS, vous pouvez vous arrêter ici. Si vous voulez, en plus, pouvoir suivre un certain nombre de flux RSS (blogs, sélections del.icio.us ou sites de presse), je vous recommande chaudement l’usage de NetVibes, qui va vous permettre d’avoir un lecteur RSS partagé, lui aussi, entre tous vos navigateurs. Jouez avec Netvibes, apprenez à déplacer des blocs, supprimer ceux par défaut, ajouter vos blocs à vous ("ajouter du contenu"), les flux RSS qui vous intéressent, jusqu’à ce que vous ayez une page NetVibes qui vous corresponde bien.

Attention : par défaut, votre page NetVibes ne garde vos préférences que sur un navigateur donné (via les cookies). Pour la partager entre différents navigateurs, cliquez sur "connexion" et créez-vous un compte : il vous suffit alors de vous connecter avec ce compte sur tous vos Firefox de compét’ pour retrouver la même sélection d’articles. C’est très fort : un lien lu au boulot sera marqué comme lu même sur votre navigateur chez vous...

Si votre sélection NetVibes vous convient, mettez là comme page de démarrage de tous vos navigateurs. Vous aurez alors, dès le démarrage de votre navigateur, toutes les nouveautés des sites qui vous intéressent en page d’accueil, et tous vos bookmarks habituels dans la Toolbar. C’est quelques heures à investir au départ, mais d’une efficacité prodigieuse à l’arrivée.


PS: Pour les photos que vous voyez dans la capture Netvibes : un truc très sympa pour éviter l’aspect austère des alignements monotones de blocs RSS, c’est d’ajouter dans Netvibes quelques blocs "Photos Flickr". Par défaut, vous avez les photos correspondant au tag "colorful", mais vous pouvez évidemment remplacer celui-ci par tout autre tag (ma photo de gauche, tag "kayak"), voire même par le flux RSS d’un photographe particulier (ma photo de droite).


2006-09-03
par Pierre Lazuly, dimanche 3 septembre 2006 @ 20:09

Ça se passe à New-York : tout un quartier de Manhattan est mis en vente, soit 110 immeubles, 11000 appartements. « L’offre inédite émane de l’assureur américain Metropolitan Life (MetLife), qui envisage de vendre les complexes de Stuyvesant Town et Peter Cooper Village, des ensembles d’immeuble de brique rouge qui occupent l’équivalent de dix pâtés de maison, entre la Première Avenue et l’East River », pouvait-on lire dans Le Figaro. « D’après le New York Times, MetLife en demande 5 milliards de dollars ».

Ça se passe à Paris : Gecina, l’une des premières foncières cotées, a mis en vente la totalité de ses 18000 appartements, répartis dans environ 180 immeubles, principalement concentrés en région parisienne (94%, dont 60% à Paris). Et cette information hénaurme (l’un des plus grands investisseurs fonciers qui se sépare de tous ses actifs résidentiels en Ile-de-France) est passée quasiment inaperçue : une brève dans le Nouvel Obs. Gecina avait déjà vendu pour 1,2 milliard d’euros une centaine d’immeubles, représentant 3 200 logements, au fonds américain Westbrook : lequel s’était illico lancé dans leur vente à la découpe (un vieil article de L’Express).

« En période de forte hausse des prix, les propriétaires immobiliers institutionnels sont tentés de vendre leurs patrimoines locatifs d’habitation, et à réinvestir le produit de ces cessions sur des actifs offrant une meilleure rentabilité », explique Alain Papadopoulos, économiste et créateur d’Universimmo.com. « La valeur de ces actifs a augmenté sensiblement l’an passé et nous voulons réaliser quelques bénéfices », confirme le président du premier actionnaire de Gecina au Financial Times...

J’aime assez le « en période de forte hausse des prix ». Bien évidemment, il faut lire : lorsque la période de hausse se termine. Puisque s’ils décident de vendre tous leurs actifs immobiliers résidentiels, c’est qu’ils savent pertinemment que la valeur de ces actifs a terminé sa progression, et que leur rentabilité locative en elle-même n’est pas intéressante.

Toujours sur UniversImmo, cet article fort instructif : « Marché locatif : lourdes menaces derrière une détente en trompe l’oeil ». Paradoxalement, les loyers sont à la traîne : « bien qu’ayant augmenté nettement plus que l’inflation et surtout que la hausse du pouvoir d’achat des catégories socioprofessionnelles dans lesquelles les locataires se recrutent, ils l’ont fait bien moins que les prix de vente : toutes situations confondues (relocations et locataires en place) ils n’ont en effet augmenté "que" de 25% entre 1998 et 2005, là où les prix ont en moyenne plus que doublé ! »

D’où ce désinvestissement massif du marché locatif de l’habitation, « fortement amorcé chez de nombreux bailleurs institutionnels ». L’investissement locatif (acheter un bien pour le louer à quelqu’un) est devenu le moins rentable qu’il soit. Quand mon proprio a acheté mon appartement, il y a 15 ans, pour 400.000 francs, et qu’il l’a loué 400 euros pendant 15 ans, il a fait un excellent investissement. Si quelqu’un l’achetait aujourd’hui (on l’évalue à 1 million de francs), il ne pourrait pas pour autant le louer plus cher. Ce serait pour lui un très mauvais investissement... Impossible à rentabiliser.

D’autant que le De Robien commence déjà à bien déstabiliser le marché. Pour bénéficier des avantages fiscaux, il faut impérativement louer son bien à l’année pendant 9 ans. Quitte à brader le loyer. J’ai une collègue qui a ainsi quitté son vieil appartement défraîchi pour un appartement De Robien flambant neuf... pour le même loyer.

Et maintenant, je vois fleurir dans les annonces locales des maisons neuves, genre T5 avec garage et jardin, bien situées. Et des loyers qui descendent, de semaine en semaine, et qui sont aujourd’hui à 650 euros par mois.

Les bailleurs institutionnels, eux, ont déjà senti le vent tourner. L’indice PAP des prix de l’immobilier vient de passer à la baisse. Même la FNAIM et ses subtils modes de calcul ne pourra plus très longtemps le masquer.

Pour plus d’info, le dossier Bulle Immobilière de Rezo.


2006-03-25
par Pierre Lazuly, samedi 25 mars 2006 @ 15:15

« Si tu le vois d’en haut, le monde est petit et de couleur vert dollar. Il entre parfaitement dans l’indice des prix et cotations de la Bourse, dans le pourcentage de marge d’une multinationale, dans le sondage électoral d’un pays qui a souffert la séquestration de sa dignité, dans la calculatrice cosmopolite qui additionne les capitaux et soustrait les vies, les collines, les rivières, les mers, les sources, les histoires, les civilisations entières, dans le tout petit petit cerveau de George W. Bush, dans l’esprit bouché du capitalisme sauvage mal habillé dans son costume néolibéral. Vu d’en haut, le monde est très petit car il ne tient pas compte des personnes et, qu’à leur place, il y a un numéro de compte en banque, sans autre mouvement que celui des encaissements.

Mais si tu le vois d’en bas, le monde a une telle ampleur qu’un seul regard ne suffit pas pour l’envelopper, mais qu’il faut beaucoup de regards pour le compléter. Vu d’en bas, le monde regorge de mondes, presque tous peints de la couleur de l’exploitation, de la misère, du désespoir, de la mort. Le monde en bas s’agrandit sur les côtés, surtout vers le côté gauche, et il est fait de plein de couleurs, presque autant qu’il y a de personnes et d’histoires. Et il grandit en arrière, vers l’histoire qui l’a fait monde d’en bas ; et il grandit sur lui-même avec les luttes qui l’éclairent bien que la lumière d’en haut s’éteigne, et il rêve même si le silence d’en haut l’écrase, et il grandit en avant devinant dans chaque cœur qui le porte l’aube que feront naître ceux qui en bas sont ceux qu’ils sont. Vu d’en bas, le monde est si grand qu’il contient beaucoup de mondes et malgré ça il reste encore de la place pour, par exemple, une prison.

C’est-à-dire pour résumer, vu d’en haut le monde rapetisse et il n’y a de la place que pour l’injustice. Et, vu d’en bas, le monde est tellement spacieux qu’il y a de la place pour la joie, la musique, le chant, les danses, le travail dans la dignité, la justice, l’opinion et la façon de penser de tout le monde, peu importe leurs différences si en bas ils sont ce qu’ils sont. (...)

J’aimerais oser une réponse. Imaginer que, avec mes mains, je libère ses cheveux et son désir, que j’accroche un soupir à son oreille, et, alors que mes lèvres parcourent ses collines, comprendre que le monde est aussi grand que la soif que j’ai de son ventre. Ou pour être plus décent, essayer de dire que le monde est aussi grand que la folie de le faire “autre”, comme l’écoute qui est nécessaire pour embrasser toutes les voix d’en bas, comme cet autre souhait collectif d’aller à contre courant en réunissant les révoltes en bas, quand en haut il séparent les solitudes.

Le monde est aussi grand que l’épineuse plante de l’indignation que nous avons soulevée ; en sachant que d’elle naîtra la fleur du lendemain. Et ce matin là, l’Université iberoaméricaine sera une université publique, gratuite et laïque et dans ses salles et ses couloirs il y aura des ouvriers, des paysans, des indigènes, et les autres, ceux qui aujourd’hui sont dehors. »

Un très joli texte, encore, du sous-commandant Marcos : « Le monde est grand comment ? ». À retrouver, avec beaucoup d’autres, dans notre dossier Chiapas.


2006-03-23
par Pierre Lazuly, jeudi 23 mars 2006 @ 22:27

Le marché immobilier, aujourd’hui, me fait penser à ces dessins animés de Tex Avery. Immobile. Immobile comme ce personnage qui reste un long moment suspendu en l’air mais dont on sait très bien qu’il va finir par se vautrer. Eh bien voilà, on y est. Les prix n’ont pas chuté. Ils restent en l’air, comme dans un dessin animé ; ils savent très bien ce qui leur pend au nez. Les acheteurs restent là, goguenards, à attendre que la pesanteur veuille bien faire son effet.

« Avis de calme sur un marché tendu », titre Challenges, « Les acheteurs font de la résistance », répond le Nouvel Obs, « L’atterrissage », ose L’Express. Même si la tonalité générale de ces articles reste donnée, comme il se doit, par Le Figaro : « Prix : comment profiter de la décélération ». Le Figaro qui lance déjà « la chasse aux bonnes affaires » et nous promet « les emplacements en bord de mer les plus intéressants et les plus prometteurs. De bonnes affaires restent à saisir. Il "suffit" de les découvrir ».

Un papier intéressant, aussi, dans Les Échos, qui renvoie « la pierre à l’école des dictons boursiers ». Et un angle différent des autres (eux qui semblent nous « révéler » comme un scoop que « les prix pourraient ne plus monter ») : pour Les Échos, une correction est inéluctable, il donne déjà les clefs pour faire de bonnes affaires dans un marché baissier.

Ce qui est fascinant, et qui accrédite encore l’hypothèse d’une bulle immobilière mondiale, c’est que le phénomène s’observe simultanément partout. Chez moi, où les pancartes "à vendre" restent indéfiniment à demeure sur les mêmes demeures, mais également en même temps aux États-Unis ou à Shanghaï.

Un signe qui ne trompe pas : cet article de CNN, aujourd’hui, « New way to bet on real estate ». La bourse américaine vient tout juste de lancer un nouveau type de produits dérivés, « S&P CME Housing Futures and Options », qui permet désormais de jouer l’immobilier à la baisse. Et de s’enrichir sur un marché baissier lorsque l’Américain de base, avec ses emprunts hypothécaires, n’aura plus que ses yeux pour pleurer.

Pour plus d’info, le dossier Bulle Immobilière de Rezo.


PS: Confirmé ce soir par Associated Press, « New Home Sales Down by Most in 9 Years » : « Sales of new homes plunged by the largest amount in nearly nine years in February while the median price of a new home dropped for the fourth straight month, providing fresh evidence that the nation’s once-booming housing market is cooling off ». Lire aussi les conseils rassurants de Bankrate : « You buy the biggest home you can afford and use every dime to do it. Now, instead of increasing in value, the worth of your home, sweet home takes a nose dive. The bubble has burst, leaving you in a financial mess. ».


2005-12-13
par Pierre Lazuly, mardi 13 décembre 2005 @ 20:44

Le 6 janvier 1969 eut lieu à Paris une rencontre à jamais unique entre Brel, Brassens et Ferré : le fameux « Trois hommes dans un salon », dont on ne connaît bien souvent que l’affiche. C’est aussi un livre de François-René Christiani et Jean-Pierre Leloir. Ci-dessous, la retranscription (par mes soins) d’un court extrait de la rencontre, le passage sur « l’artiste solitaire ».

CHRISTIANI - Parce qu’il faut être solitaire et malheureux pour faire de grandes choses ?

FERRÉ - Ah oui ! Ah oui ! Les seules choses valables sont dans la tristesse et dans la solitude, et puis je crois que l’art c’est une excroissance de la solitude. Les artistes sont seuls...

BREL - C’est un brave homme qui est totalement inadapté et qui n’arrive qu’à dire publiquement ce qu’un type normal dit à sa bobonne le soir. C’est une haute forme de timidité, y a des tas de mots pour ça... C’est un timide, c’est un type qui n’ose pas aborder les choses « de face », et qui n’arrive qu’à dire publiquement ce qu’il devrait dire d’une manière courante dans la vie...

CHRISTIANI - La timidité s’accompagne toujours d’une certaine pudeur...

BREL - D’une certaine pudeur, d’un tas de trucs...

BRASSENS - Et d’un peu d’orgueil aussi...

BREL - Et d’orgueil bien sûr ! Bien sûr parce que comme il ne parle pas publiquement, en principe, il entend dire tellement de sottises qu’il finit par en retirer un certain orgueil ! C’est une chose tout à fait... C’est très médical, enfin je trouve, c’est très clinique l’artiste. Mais c’est comme ça ! Cela dit, le pire c’est l’artiste qui n’est pas artiste, le timide qui ne pond pas son oeuf. Alors là c’est effroyable...

CHRISTIANI - Ce n’est plus un artiste, alors ?

BREL - Au sens propre, non.

FERRÉ - Il n’y a qu’un mot pour cela, c’est « amateur ».



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